“Ici, on a enterré l’ethnocentrisme” : La leçon de fraternité des Guinéens d’Éthiopie

ADDIS-ABEBA- ​Dans les couloirs de la diplomatie à Addis-Abeba, une voix s’élève pour porter les préoccupations de la diaspora guinéenne. Billo Cissé, un des responsables du Haut Conseil des Guinéens établis à l’étranger, ne mâche pas ses mots : si la communauté est soudée, elle manque cruellement de moyens pour faire face aux urgences. Africaguinee.com l’a rencontré.

​Une communauté unie contre l’ethnocentrisme

Loin des clivages qui peuvent parfois fragiliser, la diaspora guinéenne d’Afrique de l’Est semble avoir trouvé le remède à la division, selon le premier constat de Billo Cissé, installé dans ce pays depuis des années.

​« Ici, on est soudés, on a enterré l’ethnocentrisme en Éthiopie, ainsi que dans les pays relevant de la circonscription », affirme-t-il avec fierté.

Cette unité se traduit par une autonomie de gestion. Selon lui, la communauté n’attend pas toujours l’aide institutionnelle pour agir : « On s’organise, on se donne la main, on répond à notre problème directement, sans même aller voir l’ambassade. »

​L’urgence sociale

Cependant, la solidarité citoyenne a ses limites, surtout face à la maladie ou au désir de rapatriement de certains compatriotes en difficulté. Billo Cissé interpelle les autorités ministérielles sur ces points précis. D’après lui, la communauté peine à soutenir les Guinéens malades.

« Il y a des Guinéens qui souhaitent rentrer au pays et qui n’ont pas de moyens, on n’a pas de ressources pour répondre efficacement à leurs problèmes. », a-t-il confié.

​La cartographie d’une diaspora dispersée

​Si Addis-Abeba compte au moins de 100 Guinéens, la zone géographique couverte par la circonscription (Kenya, Ouganda, Djibouti, Somalie, Tanzanie) regroupe environ 1 200 personnes.

Cette dispersion rend le suivi complexe, notamment pour les compatriotes en conflit avec la loi.

​« En Tanzanie, on a des Guinéens qui sont incarcérés. Ici, en Éthiopie, je pense qu’il y a trois ou cinq personnes aussi », précise le président, qui n’hésite pas à mettre la main à la poche personnellement pour soutenir les détenus.

​Le mur du recensement et le droit de vote

​Le principal point d’achoppement reste administratif. L’absence de recensement a des conséquences directes sur l’exercice de la citoyenneté. Le constat est amer pour Billo Cissé :

«À cause du non-recensement, les Guinéens de l’Éthiopie n’ont pas pu voter », a-t-il souligné.

​Malgré ces difficultés, les rapports avec les autorités diplomatiques restent constructifs, a-t-il indiqué.

M. Cissé souligne une bonne entente avec l’Ambassadeur, tout en espérant que l’appel lancé au Ministre permettra de débloquer des moyens concrets pour cette communauté qui, bien que « soudée », ne peut plus porter seule le poids de toutes les détresses.

A suivre !

 

Africaguinee.com

Créé le 16 février 2026 21:20

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