Conakry : la Chambre des mines de Guinée adopte ses nouveaux statuts et consolide sa gouvernance
CONAKRY- La Chambre des mines de Guinée a tenu son assemblée générale annuelle ce mardi 29 septembre 2026, à Conakry. Elle a réuni ses membres à l’Hôtel Riviera Royal pour des travaux portant, en première partie, sur l’approbation des comptes, puis sur l’adoption des statuts harmonisés, afin d’intégrer les nouvelles orientations stratégiques.

Les travaux ont été conduits par Karifa Condé, président du Conseil d’administration. La cérémonie d’ouverture a été présidée par Bouna Sylla, ministre des Mines et de la Géologie, et rehaussée par la présence de Diego Zorrilla, coordonnateur résident du système des Nations Unies en Guinée.
La Chambre des mines de Guinée est une institution qui rassemble les acteurs miniers ainsi que l’écosystème du secteur : banques, assurances, entreprises de services et fournisseurs de biens. L’organisation se positionne comme un moteur de développement, de croissance et de gouvernance.
Dans le cadre de cette gouvernance, elle organise chaque année son assemblée générale ordinaire, qui réunit l’ensemble des membres. Ceux-ci procèdent à des activités telles que :
- Valider les comptes de l’exercice précédent ;
- Redéfinir la vision et les objectifs pour l’avenir.
À l’issue des travaux, les membres ont adopté l’ensemble des résolutions qui leur étaient soumises. Parmi elles figurent les statuts harmonisés de l’organisation, les comptes de l’exercice 2025 et le budget ajusté 2026. Deux d’entre elles ont particulièrement retenu l’attention.

L’approbation des comptes et quitus
Selon Djakaria Diakité, du cabinet Nimba Conseil, l’assemblée a pris connaissance du rapport du commissaire aux comptes, qui a certifié les comptes annuels de l’exercice 2025. Quitus a été donné aux administrateurs et au commissaire aux comptes pour leur mandat.

Validation des nouveaux statuts
Engagée depuis l’assemblée générale de juin 2025, la révision consolide en un document unique les statuts de 2009, déjà amendés à cinq reprises. Le projet a été soumis à la consultation de l’ensemble des membres. Leurs observations, portant notamment sur la composition du Conseil d’administration, les modalités de convocation des assemblées, les conditions d’adhésion et la révision des cotisations, ont été arbitrées par le Conseil d’administration lors de sa session du 17 septembre 2026.
Les statuts révisés intègrent plusieurs nouveautés, notamment la création d’une catégorie de membres honoraires, désignés par le Conseil d’administration en reconnaissance de leur contribution remarquable au développement et au rayonnement du secteur minier en Guinée.
Évolution de la catégorie C : elle regroupe désormais les titulaires de titres miniers en phase de recherche et les sociétés mères d’entreprises minières membres de la Chambre, et dispose de deux sièges au Conseil d’administration. Ce dernier est par ailleurs élargi, son nombre de membres passant de 13 à 15.
Un système d’évaluation des membres par points a également été consacré. Attribués à chaque membre lors de son adhésion, ces points évoluent en fonction de ses engagements en matière de protection de l’environnement, de réhabilitation des sites miniers, de santé, de sécurité et d’ESG, et permettent de distinguer chaque année les membres les plus impliqués.
Selon Karifa Condé, président du Conseil d’administration de la Chambre des mines de Guinée, la Guinée possède un patrimoine minier exceptionnel : la bauxite, le fer, l’or, le diamant et bien d’autres substances minérales qui constituent des ressources considérables. Il estime qu’une valorisation responsable de ces ressources peut contribuer durablement à la transformation économique et sociale du pays.

« Nous devons toutefois être lucides. La richesse du sous-sol ne constitue pas, à elle seule, une garantie de développement. Elle doit s’accompagner d’investissements, de compétences, d’infrastructures, d’une gouvernance efficace, d’un dialogue permanent entre les parties prenantes et d’un cadre prévisible permettant aux entreprises de travailler dans la responsabilité. La Chambre des mines a précisément pour vocation de contribuer à cette dynamique. Elle constitue un espace de dialogue, de représentation et de concertation entre les acteurs du secteur minier. Notre responsabilité est de porter la voix de l’industrie minière tout en veillant à ce qu’elle s’inscrive dans la recherche de l’intérêt général », a souligné M. Condé.
Bilan des réalisations majeures
Depuis la dernière assemblée générale, des réalisations clés ont été effectuées, selon le président du Conseil d’administration de la Chambre des mines.
Plan stratégique 2026–2028 : adoption d’une feuille de route structurée autour de 4 axes, 16 objectifs opérationnels et 28 projets prioritaires pour définir clairement les orientations et les méthodes.
Renforcement exécutif : recrutement pour 4 postes stratégiques et accélération de la transformation digitale (refonte du site web et gestion numérique des données des sociétés membres).
Visibilité institutionnelle : grâce à ces efforts, la Chambre des mines réunit plus de 30 000 abonnés sur LinkedIn, 4 700 abonnés sur Facebook et a participé à plusieurs événements internationaux majeurs.
Élargissement du réseau : évolution du Réseau Environnement Bauxite vers le Réseau Environnement Mine, afin de couvrir l’ensemble des activités minières à l’échelle nationale.
Gouvernance et membres : la Chambre compte désormais plus de 80 membres, contre six entités à sa création en 1997, et s’est dotée de huit commissions permanentes.
Partenariats : renforcement de la coopération avec la Société financière internationale (SFI), Women in Mining Guinée et Climate Chance.
Santé et sécurité au travail : organisation de la première édition du Forum ZERO HARM.
Le président du Conseil d’administration de la Chambre des mines a énuméré aussi les dossiers stratégiques à suivre. Il s’agit de procéder au plaidoyer et aux réformes sectorielles, au remboursement du crédit de TVA, de suivre l’application du bordereau électronique de suivi des cargaisons (BESC), d’assurer le rapatriement des devises, de gérer le cadastre minier et la fiscalité, ainsi que la gestion du secteur aurifère face à la fin prochaine du moratoire.

« La réussite du second semestre dépendra directement de l’accélération de la mobilisation des financements externes, de l’amélioration du recouvrement des cotisations et de l’exécution effective des projets stratégiques 2026–2028 », a enchaîné Karifa Condé.
Les Nations Unies aux côtés du secteur minier guinéen
Diego Zorrilla, coordonnateur résident du système des Nations Unies en Guinée, a affirmé lors de cette assemblée que les 24 agences du système des Nations Unies accompagnent la Guinée sur la voie du développement durable. Dans ce contexte, poursuit-il, le secteur minier représente 24 % du PIB du pays et plus de 80 % des revenus d’exportation.
« C’est un acteur absolument fondamental dans le développement durable de la Guinée. Ce développement durable en Guinée s’inscrit sous l’agenda et la vision du programme Simandou 2040. Mais bien avant cela, la Guinée avait déjà souscrit à l’Agenda 2030 et à ses 17 Objectifs de développement durable (ODD), qui réunissent la Guinée et tous les pays du monde, en lien également avec l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Depuis 2013, le système des Nations Unies entretient un partenariat avec la Chambre des mines. Ce partenariat s’est poursuivi en 2022, et nous sommes prêts à le renforcer davantage », a indiqué Diego Zorrilla.

Bouna Sylla, ministre des Mines et de la Géologie, a salué les efforts de la Chambre des mines de Guinée pour le fait de réunir, au sein de sa structure, l’ensemble des acteurs du secteur, ce qui permet de faciliter le dialogue.
« L’ensemble des acteurs miniers, une fois organisés au sein de la Chambre, permet de faciliter le dialogue entre les pouvoirs publics et la Chambre, mais également avec toutes les parties prenantes du secteur », a souligné le ministre.
Le Programme Simandou 2040 et ses 5 piliers

La Guinée est à un tournant de sa trajectoire économique à travers le programme Simandou 2040, a rappelé Bouna Sylla, précisant aussi que Simandou 2040 est un programme de développement socio-économique, durable et responsable pour les 15 prochaines années. Il s’articule autour de 5 piliers :
L’agriculture, le commerce et l’industrie ;
L’éducation et la culture ;
Les infrastructures, les télécommunications, les transports et l’énergie ;
Le système financier (les banques et les assurances) ;
La santé et le bien-être.
« Vous remarquerez que parmi ces 5 piliers, les mines ne figurent pas, et ce, à juste raison. L’objectif de ce programme est de réduire la part du secteur minier dans l’économie nationale. Aujourd’hui, le secteur minier représente une part trop importante au sein d’une petite assiette économique. Le défi consiste à faire du secteur minier une portion plus petite dans une assiette bien plus grande. C’est le défi que nous devons traduire en réalité concrète, sous la conduite du Premier ministre Amadou Oury Bah. Cela commence par la transformation des produits miniers sur place. Le 8 avril 2022, le Président de la République a réuni l’ensemble des investisseurs du secteur minier (notamment du secteur de la bauxite) pour leur rappeler que la Guinée respecte ses engagements, mais qu’il appartient aussi aux investisseurs de respecter les leurs à travers la réalisation de raffineries. Aujourd’hui, nous sommes en mesure de dire que cette vision est en cours de concrétisation », a expliqué Bouna Sylla.

Cette assemblée a été marquée par la remise d’attestations aux nouveaux membres de la Chambre des mines de Guinée, parmi lesquels Sycamore Mine Guinée, Asara Resources, l’Autorité de régulation du transport fluvio-maritime (ARTFM) et Agromap Guinée.

La Chambre a également remis des satisfécits aux entreprises membres qui ont accompagné et sponsorisé ses initiatives, notamment Neemba Guinée pour la première édition du Women’s Day, le Groupe NSIA pour le Forum ZERO HARM et Vista Gui pour la démarche de certification ISO 9001 de la Chambre.
Perspectives

Pour les prochains mois, la Chambre prévoit notamment un atelier juridique Mines-Administrations, un atelier national sur les normes ESG et le contenu local, une table ronde Mines et Droits humains ainsi que le lancement de l’événement de networking Mining Drink Guinée. Elle poursuivra en parallèle le déploiement de ses commissions permanentes et du Réseau Environnement Mines, le lancement de son nouveau site web institutionnel et sa démarche de certification ISO 9001.


Dansa Camara DC
Pour Africaguinee.com
Créé le 30 septembre 2026 13:58Nous vous proposons aussi
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