Sénégal : Le Parlement fait “sauter le verrou” empêchant Sonko d’être candidat en 2029
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DAKAR — Les députés sénégalais ont largement adopté, ce mardi 28 avril 2029 une proposition de loi modifiant le Code électoral. Le texte approuvé à une large majorité, -127 voix pour, 11 contre et 2 abstentions-, à l’issue de plusieurs heures de débats houleux, ouvre la voie au Premier ministre Ousmane Sonko, en froid avec le Président Bassirou Diomaye Faye, d’être candidat à la présidentielle de 2029.
La réforme portée par le groupe parlementaire PASTEF-Les Patriotes et défendue par le ministre de l’Intérieur Mouhamadou Bamba Cissé, vise principalement les articles L.29 et L.30 du texte avec en toile de fond, une révision en profondeur les conditions d’éligibilité qui avaient marqué les derniers scrutins.
Désormais, l’article L.29 circonscrit l’exclusion des listes électorales aux condamnations pour crime et aux peines d’emprisonnement supérieures à un mois pour des infractions spécifiques : vol, corruption, détournement de deniers publics, ou encore blanchiment de capitaux.
« Cette loi vise à permettre à tous les citoyens ne faisant pas l’objet de sanctions liées à la gestion publique de participer pleinement à la vie démocratique, dans une logique de consolidation du processus démocratique », justifie le ministre de l’Intérieur devant l’hémicycle.
L’autre changement réside dans l’abrogation de l’article L.30. Cette disposition prévoyait l’inéligibilité pour toute condamnation à une amende supérieure à 200 000 francs CFA. C’est sur ce fondement qu’Ousmane Sonko avait été écarté de la présidentielle de 2024 après sa condamnation pour diffamation.
Pour le député de la majorité Guy Marius Sagna, cette réforme est une mesure d’assainissement démocratique : « La Loi électorale était taillée sur mesure pour éviter que les élections au Sénégal soient de vraies élections et pas une sélection présidentielle. Sous Macky Sall, nous avons eu des sélections et non des élections. Nous fermons cette page affreuse et honteuse faite de manipulation du code électoral. »
Le texte a suscité de vifs débats au parlement. L’opposition y voit une loi de circonstance, destinée à sécuriser l’avenir politique du Premier ministre actuel, Ousmane Sonko, en vue de l’échéance de 2029. L’ancienne ministre et députée Aissata Tall Sall a exprimé ses vives inquiétudes quant à la portée juridique du texte.
« Cette loi permet aux citoyens sénégalais de se rebeller contre les décisions de justice. Cette Loi rétroagit pour faire entrave à des décisions de justice. Je trouve ça extrêmement grave », a-t-elle martelé.
Face aux critiques sur le caractère « personnel » de la réforme, le gouvernement a plaidé pour une vision de long terme. Mouhamadou Bamba Cissé évoque la nécessité d’éviter d’écarter des candidats sur la base de faits anciens ou déjà jugés, qualifiant ces pratiques de « source d’injustice ».
Pour l’exécutif sénégalais, le système électoral doit évoluer dans un « esprit d’ouverture et de cohérence ».
Africaguinee.com
Créé le 29 avril 2026 07:49Nous vous proposons aussi
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