Sanctions contre des élèves à Kamsar : « En éducation, il n’y a jamais de sanction extrême », tranche Michel Pépé Balamou
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CONAKRY – Le secrétaire général du Syndicat national de l’éducation (SNE) s’est montré indigné après la publication d’une vidéo jugée indécente mettant en scène de jeunes apprenantes à Kamsar, devenue virale sur les réseaux sociaux. Au micro d’Africaguinee.com, ce mardi 17 février 2026, Pépé Michel Balamou s’est également exprimé sur la nature des sanctions infligées à ces élèves, une décision que certains qualifient d’inopportune.
« Les actes impudiques posés par des adolescentes, lycéennes et collégiennes à Kamsar, sont symptomatiques de la délicatesse et de la fragilité de l’éthique et de la déontologie dans l’exercice du métier d’enseignant, mais aussi d’une crise de moralité au sein d’un système éducatif guinéen qui se cherche. Au-delà du principe de condamnation, il est nécessaire de procéder à une compréhension de l’acte », s’est indigné M. Balamou.
Le secrétaire général du SNE estime que ces faits reflètent également certains troubles liés à l’adolescence, notamment les bouleversements de la puberté chez les jeunes filles et des comportements d’opposition ou de rejet de l’autorité chez certains élèves.
« Au-delà de la condamnation, il est important de questionner le système éducatif et de revoir certaines pratiques déviantes susceptibles de ternir l’image de l’école de la République », martèle le syndicaliste.
« Il faut repenser le système »
Pépé Michel Balamou évoque le principe du triangle pédagogique, qui repose sur l’école, l’élève, l’enseignant et le savoir. Il rappelle toutefois l’importance du lien entre l’école et la famille.
« Nonobstant le fait que l’acte ne se soit pas produit dans l’environnement intra-scolaire, il implique l’école guinéenne, d’autant plus qu’il s’agit d’élèves de l’école de la République. Il est donc important d’aller au-delà de la sanction et de s’interroger sur la finalité des enseignements et des apprentissages que nous transmettons. Les élèves doivent adopter de bonnes conduites aussi bien dans l’environnement scolaire que périscolaire », souligne-t-il.
Le leader syndical appelle ainsi à une réforme plus profonde.
« Il faut repenser le système et faire en sorte que les règles ne soient pas seulement des instruments de punition, mais aussi des outils de réparation des comportements inappropriés. Il y a lieu de questionner nos règlements intérieurs, l’école de la bonne conduite, ainsi que l’éthique et la déontologie du métier d’enseignant. Lorsque vous visionnez cette vidéo, des enseignants sont cités de manière négative, ce qui remet en cause cette éthique. C’est vraiment dommage et triste d’en arriver là », déplore-t-il.
« En matière d’éducation, il n’y a jamais de sanction extrême »
Au-delà du caractère jugé disproportionné des sanctions, Michel Balamou estime que le contexte dans lequel elles ont été prises pose également problème.
Selon lui, ces décisions auraient été motivées par l’émotion, la clameur populaire sur les réseaux sociaux et le souci de préserver certaines responsabilités administratives, notamment face à l’arrivée d’un nouveau ministre.
« Il fallait montrer rapidement qu’on assume ses responsabilités, pour ne pas être frappé par le même bâton que ceux qui ont commis ces actes. C’est pourquoi la direction préfectorale de l’éducation de Boké a pris cette décision sous le coup de l’émotion et de la pression populaire », affirme-t-il.
Et de conclure : « En matière d’éducation, il n’y a jamais de sanction extrême. Il y a surtout la nécessité de recadrer. Il faut également interpeller les responsables et encadreurs pédagogiques du lycée N’Dama, qui doivent mieux contrôler le comportement des élèves, y compris en dehors des heures de cours. »
Dansa Camara DC
Pour Africaguinee.com
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