Rentrée scolaire en Guinée : une reprise timide dans plusieurs établissements de Conakry
CONAKRY– L’année scolaire 2026-2027 a officiellement démarré ce lundi 5 octobre en Guinée. Si les autorités éducatives avaient appelé élèves et enseignants à reprendre le chemin de l’école, le constat dressé dans plusieurs établissements de Conakry reste marqué par une faible mobilisation des apprenants. Dans certains établissements, les enseignants ont répondu présents, mais les salles de classe peinent encore à se remplir.

Au lycée Tansir Niane, également connu sous le nom de lycée Kipé, le constat est particulièrement frappant. Sur plus de 1 350 élèves programmés, moins d’une cinquantaine étaient présents dans la matinée, selon le proviseur, Lansana Dramé.
Moins de 50 élèves présents sur plus de 1 350 attendus
« Après la montée des couleurs, vous avez vu qu’on n’a même pas une cinquantaine d’élèves. Sur un effectif de plus de 1 350 élèves programmés, nous n’avons pas plus de 50 élèves présents », a expliqué le proviseur du lycée Tansir Niane.

Selon lui, les enseignants, en revanche, ont majoritairement répondu à l’appel. « Je crois que 80 % [des enseignants] ont répondu à l’appel. Et d’ailleurs, il y a des classes où il n’y a pas d’élèves. Vous allez constater que certains enseignants sont encore dans la cour de l’école », a-t-il indiqué.
Pour Lansana Dramé, le principal défi de cette première journée demeure la présence des élèves. Il invite les parents à permettre à leurs enfants de reprendre rapidement les cours. « Il faudrait que les parents acceptent de libérer les enfants afin qu’ils puissent commencer les cours, parce que l’école n’attend pas », a-t-il lancé.

Le téléphone portable au cœur du règlement intérieur
La question du téléphone portable dans les établissements scolaires a également été évoquée par le responsable du lycée Tansir Niane.
Le proviseur rappelle que l’interdiction du téléphone figure dans le règlement intérieur de l’établissement, lequel s’appuie, selon lui, sur les textes régissant l’école guinéenne. « L’école obéit aux textes, au code connu de l’école guinéenne. C’est à partir de ce code-là que nous avons extrait le règlement intérieur », a-t-il expliqué.

Et de préciser : « Le téléphone est interdit. Les sanctions sont également prévues à cet effet. » Mais pour faire respecter ces dispositions et assurer une rentrée « sécurisée et apaisée », Lansana Dramé estime indispensable l’implication des parents.
« Aucun projet éducatif ne peut réussir sans l’apport de la communauté », a-t-il souligné, appelant notamment les parents à davantage contrôler l’utilisation des téléphones par leurs enfants.
À Bikaba, une rentrée jugée « timide »
Au lycée-collège Bikaba, relevant de la délégation scolaire de Bantounka, dans la DCE de Lambanyi, le constat est également marqué par une faible présence des élèves. Son proviseur, Sidi Koulibaly, parle d’une rentrée « un peu timide ».

« Je mets cela sur le compte du syndrome guinéen, parce que nos élèves ont la fâcheuse habitude d’établir le pont à l’occasion de la rentrée des classes, quelle que soit la durée des vacances », a-t-il déclaré. Selon lui, ce phénomène est devenu récurrent au début de chaque année scolaire. « Très souvent, les deux premiers jours, les élèves trouvent toujours des excuses pour ne pas se présenter à l’école. Tel est le constat aujourd’hui encore », a-t-il ajouté.
Le responsable reste toutefois optimiste quant à une augmentation progressive des effectifs au cours des prochains jours.
L’administration et les enseignants au rendez-vous
Malgré la faible affluence des élèves, les équipes administratives et pédagogiques semblent avoir pris leurs dispositions pour assurer le démarrage des cours.
« La direction est au grand complet. Tout l’encadrement est là : mes plus proches collaborateurs, qui sont les censeurs, les DE, la secrétaire, ainsi que les conseillers à l’orientation et à l’éducation », a assuré Sidi Koulibaly.

Il rappelle que la rentrée administrative avait précédé la rentrée pédagogique afin de préparer les établissements à accueillir les apprenants. « On a mis les bouchées doubles, on a mis les points sur les i pour que les cours puissent effectivement démarrer aujourd’hui », a-t-il indiqué.
Et de poursuivre : « Partout où il y a des élèves, les professeurs ont répondu présents. Ils sont en train de dispenser des cours à l’instant T. »
Pour le proviseur, les infrastructures sont également prêtes. « Les kits sont installés, les salles sont aménagées. Donc, le seul problème, ce sont les élèves », a-t-il résumé.

Dans le privé, l’appel à libérer les élèves
Dans les établissements privés, la reprise des cours a également été constatée, même si l’affluence demeure variable. À Simambossia, dans la commune urbaine de Lambanyi, Ibrahima Falilou Diallo, directeur général du groupe scolaire Abdoul Malick Diallo, affirme que les cours ont effectivement démarré.
« Effectivement, comme vous le constatez, la reprise est effective, les enfants sont là », a-t-il déclaré, tout en reconnaissant que l’affluence reste encore limitée. Il appelle les parents à permettre aux enfants de rejoindre les établissements, même lorsque toutes les formalités administratives ne sont pas encore totalement finalisées.
« C’est de libérer les enfants, venir en attendant suivre les cours, pour éviter le retard dans l’évolution des programmes », a-t-il conseillé. Selon lui, attendre la finalisation de toutes les inscriptions, réinscriptions ou encore des tenues scolaires avant d’envoyer les enfants à l’école pourrait contribuer à retarder leur progression.
Chez les apprenants rencontrés, les attentes sont déjà nombreuses en cette première journée de cours. À Bikaba, Moïse Guilavogui, élève en septième année, se réjouit de la qualité des premiers cours reçus.

« Je pense que notre professeur d’histoire explique bien, ce qui m’a permis de comprendre quelques notions du chapitre 1 », témoigne-t-il.
Son souhait est désormais de voir les cours démarrer normalement. « J’aimerais qu’ils commencent les cours avec nous », a-t-il ajouté.
Au lycée Tansir Niane, Camara Oumou, élève en terminale sciences sociales, dit pour sa part attendre avec impatience l’arrivée des enseignants.

« L’équipement est bon et on attend les professeurs avec impatience. On ne les a pas encore vus, puisqu’on n’a pas reçu le programme. Mais sûrement, ils seront bientôt là. Il nous faut de bons professeurs et, surtout, de notre côté, il faut apprendre nos leçons et affronter le bac », a-t-elle déclaré.
Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 5 octobre 2026 12:24Nous vous proposons aussi
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