Qui finance les Mouvements de Soutien à la candidature du Général Doumbouya ? Divergences et controverses à Conakry…
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CONAKRY-Le financement des mouvements de soutien à la candidature du Général Mamadi Doumbouya suscite de nombreuses interrogations et alimente un vif débat entre partisans et opposants du Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD).
Si les responsables des mouvements affirment financer leurs activités sur fonds propres, les critiques estiment au contraire qu’ils bénéficieraient d’un soutien financier de hauts dignitaires.
Pour savoir d’où viennent les fonds qui permettent ces nombreuses mobilisations, africaguinee.com a interrogé plusieurs responsables de mouvements. « J’ai investi mes propres moyens pour financer toutes les activités que nous menons en faveur du CNRD et son président. L’État ne finance pas notre mouvement, tout ce que nous faisons est financé sur fonds propres. Je veux que ce mouvement progresse et serve d’exemple à la jeunesse guinéenne. Ceux qui ne travaillent pas doivent se battre pour la réussite de la transition » soutient Maïmouna Kourouma qui dirige un mouvement de soutien au Général Doumbouya à Coyah.

Alseny Mara, entouré de plusieurs jeunes de sa génération s’apprêtent à lancer officiellement leurs activités. Il abonde dans le même sens que Maimouna, affirmant que le financement de son mouvement provient des cotisations des membres.
« Nous nous préparons à lancer notre mouvement début mai dans la commune de Gbessia. Actuellement, nous menons des campagnes d’affichage des photos du Président aux ronds-points et dans les lieux stratégiques de la capitale, en parallèle aux préparatifs du lancement officiel. Chaque membre du mouvement contribue financièrement entre 50 000 et 100 000 francs guinéens par activité. Pour le moment, aucune personnalité ne nous soutient officiellement. Nous nous battons avec nos propres moyens, car nous croyons profondément en le Président Mamadi Doumbouya et en ses actions », a déclaré Alseny Mara.
Des versions balayées par la société civile qui s’inquiète de l’exploitation des jeunes pour des raisons politiques. Interrogé, le Président de la Coalition Nationale des Associations pour la Paix et le Développement CONAPED dénonce une présumée utilisation des moyens de l’Etat pour financer des mouvements de soutien. Pour lui, la jeunesse guinéenne pourrait être mieux mobilisée à des fins plus constructives.

« Chacun est libre de créer un mouvement, qu’il soit favorable ou non au régime en place. Cependant, si ces mouvements sont sincères, ils devraient se financer par eux-mêmes. Malheureusement, dans la majorité des cas, nous savons que l’argent injecté provient du contribuable guinéen. C’est ce que nous dénonçons. Il ne faut pas utiliser la jeunesse à des fins de propagande et l’enfermer dans une logique de dépendance économique. Au lieu de cela, l’État devrait investir dans la création d’emplois et le renforcement des formations académiques, ce qui favoriserait la paix et la stabilité sociale. Il est impératif de sortir la jeunesse de cette situation de mendicité », préconise Ibrahima Aminata Diallo.
Le financement des mouvements de soutien en Guinée demeure une question sensible, où chaque camp défend sa position avec conviction. Si certains affirment agir par engagement personnel, d’autres voient en ces mobilisations comme une manipulation orchestrée par les autorités.

Fodé Baldé, membre du Bureau Politique National et Responsable de la Communication de l’Union des Forces Républicaines (UFR), est certain que tous les mouvements de soutien sont financés par le pouvoir. Ce qui est contraire à l’orthodoxie, estime-t-il. Pour lui, les autorités de la transition devraient plutôt consacrer les ressources de l’Etat à l’organisation des élections pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel.
« Depuis 2005, une loi en Guinée interdit l’utilisation des fonds publics à des fins de propagandes politiques. Si l’État finance ces mouvements, il devra en répondre tôt ou tard. Une enquête approfondie sera menée en temps opportun pour traduire les responsables en justice » prévient-il.
Sayon Camara
Pour Africaguinee.com
Créé le 7 avril 2025 07:18Nous vous proposons aussi
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étiquettes: Guinée, Transition









