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Mamou : L’école primaire de Seleya en péril, le cri du cœur des enseignants et des parents – Africa Guinee

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Mamou : L’école primaire de Seleya en péril, le cri du cœur des enseignants et des parents


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MAMOU- Située à une trentaine de kilomètres de la sous-préfecture de Ouré Kaba, l’école primaire de Seleya traverse l’une des crises les plus graves de son histoire. Construite en 1992, cette infrastructure vitale pour la localité a été littéralement “décapitée” par une violente tempête en mars dernier. Depuis, c’est une course contre la montre et contre le soleil qui s’est engagée pour sauver l’année scolaire des 157 élèves.

Un emploi du temps dicté par le soleil

Depuis que la toiture a été emportée, l’établissement ne peut plus accueillir les élèves durant les heures normales. L’encadrement a dû se résoudre à une solution de fortune : avancer les cours à l’aube pour libérer les classes avant que la chaleur ne devienne insupportable. Monsieur Savané, directeur adjoint de l’école, revient sur la violence du sinistre et les mesures d’urgence adoptées :

« C’est une pluie d’une rare intensité, accompagnée d’un vent violent, qui s’est abattue sur notre localité il y a environ un mois. Le bilan est lourd car la toiture a complètement cédé sous la pression. Par miracle, le pire a été évité : le directeur, sentant le danger, avait demandé de libérer les enfants peu avant le drame. Quelques minutes après leur départ, les murs s’écroulaient et le toit lâchait. Aujourd’hui, nous sommes face à une réalité difficile : dès 10 heures du matin, le soleil brille directement dans les salles de classe, rendant toute concentration impossible. Pour compenser, nous demandons aux élèves d’être présents dès 7 heures 10 pour travailler intensément jusqu’à 9 heures ou 10 heures, selon l’ardeur du soleil, heure à laquelle nous sommes obligés de les libérer. »

Le défi pédagogique

Avec seulement trois salles de classe pour cinq groupes pédagogiques, l’école fonctionnait initialement en rotation (mi-temps). Le sinistre a forcé les enseignants à adopter le système multi-grade, regroupant plusieurs niveaux dans un même espace restreint. Mamadou 3 Savané, l’un des trois enseignants de l’école, explique cette organisation complexe :

« Malgré le chaos, nous essayons de ne pas accumuler trop de retard sur le calendrier scolaire. Nous sommes en harmonie avec les programmes, mais cela demande des sacrifices énormes. Nous regroupons des niveaux différents dans les mêmes salles pour continuer les cours en mode multi-grade. Malheureusement, à cause du rayonnement solaire qui inonde les classes, les cours du soir sont devenus impossibles. Nous gérons actuellement 157 élèves avec un effectif de seulement trois enseignants : le directeur et moi-même gérons chacun deux groupes pédagogiques, tandis que notre seule collègue féminine s’occupe du cinquième groupe. Les autorités ont été saisies, mais l’urgence sur le terrain est là. »

La mobilisation communautaire

Face à l’urgence et à l’approche de la fin de l’année scolaire 2025-2026, les parents d’élèves ont décidé de prendre les devants en construisant des hangars de fortune. Un effort collectif qui témoigne de l’importance de l’éducation pour les familles de Seleya, comme l’explique ce parent d’élève :

« Les enfants étaient en train de finaliser les compositions du deuxième trimestre quand le vent a tout détruit. Nous avons immédiatement décidé, en tant que parents, de construire des hangars pour permettre la continuité des cours et tenter de rattraper le retard accumulé. Nous sommes en train de finaliser ces abris, d’y installer les tables-bancs et de confectionner des tableaux noirs. C’est une solution de survie car, à l’heure actuelle, la communauté n’a pas les moyens financiers nécessaires pour acheter des tôles et reconstruire durablement le bâtiment. Nous faisons ce que nous pouvons avec nos bras, en espérant une aide extérieure. »

Le président de l’A.P.E.A.E (Association des Parents d’Élèves et Amis de l’École) de Seleya, Mouhamadou Billo, lance un appel pressant :

« Cette situation est une source d’inquiétude permanente pour nous. Nous avons lancé un appel à nos ressortissants basés ailleurs, ainsi qu’à toutes les bonnes volontés. Ce jour-là, le vent aurait pu causer un véritable carnage si les enfants avaient été encore en classe. Dieu nous a épargnés, mais nous ne pouvons pas laisser nos enfants étudier dans de telles conditions. L’école primaire de Seleya a besoin d’une intervention urgente avant que la saison des pluies ne s’installe. »

Contactée par Africaguinee.com, la Délégation scolaire de l’enseignement élémentaire (DSEE) d’Ouré Kaba a précisé les mesures d’urgence qu’elle a entreprises. Mamoudou Camara, DSEE d’Ouré Kaba exlique:

« Dès que le directeur de l’école m’a informé de la situation, j’ai immédiatement saisi la DPE. Ensuite, j’ai demandé aux parents d’élèves de construire des hangars, car il est difficile d’obtenir une aide en cette période de fin d’année scolaire.

Cela aura certes un impact sur les cours, mais nous faisons avec les moyens du bord pour le moment. D’ici l’année prochaine, nous verrons comment procéder à la réfection de la toiture. »

En attendant la mise en place de mesures durables, les deux enseignants contractuels et le directeur, fonctionnaire, continuent de se battre chaque matin, entre 7 heures et 10 heures, pour assurer un minimum d’enseignement aux enfants de Seleya.

Habib Samaké

Correspondant régional d’Africaguinee.com

À Mamou

Créé le 28 avril 2026 12:55

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