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Maimouna Diallo, morte au stade de N’zérékoré :  ‘’c’est dans un chargement de cadavres que nous l’avons retrouvée ‘’, (famille) – Africa Guinee

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Maimouna Diallo, morte au stade de N’zérékoré :  ‘’c’est dans un chargement de cadavres que nous l’avons retrouvée ‘’, (famille)


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LABE- Les familles des victimes du drame de Nzérékoré commencent à parler. Parmi les nombreuses victimes, Maimouna Diallo de Koufa, sous-préfecture de Kankalabé, préfecture de Dalaba. Cette apprentie couturière de 18 ans a difficilement obtenu l’aval de son père pour se rendre au stade à 17 heures alors que le match tirait déjà vers sa fin. Maimouna a tout fait pour convaincre sa sœur Kadiatou Diallo de lui permettre d’aller avec elle au stade en vain. Finalement elle y est allée, et, quelques minutes après, la débandade a commencé. Dans la bousculade, elle fait partie des personnes piétinées à la porte de sortie. Sa famille a été informée quelques heures après le drame. A 19 heures Maimouna n’était pas de retour à la maison, son téléphone sonne elle ne décroche pas. C’est un peu plus tard qu’une personne répond à la famille, l’invitant à se rendre à la morgue. C’est dans un tas de cadavres que chaque famille s’est débrouillée à identifier celui de son parent. Le corps inerte de la jeune fille a été retrouvé à 23 heures.

Kadiatou Diallo a eu un « courage indien » pour entrer et chercher le corps de sa sœur alors que celui de sa sœur n’était pas officiellement identifié. Au téléphone d’un journaliste d’Africaguinee.com, cette dame a partagé également le dernier instant passé avec sa sœur Maimouna peu avant son départ pour le stade :

Feu Maimouna, morte lors de la bousculade au stade de Nzérékoré

« Le matin du dimanche 1er décembre, Maimouna m’avait dit qu’elle ira à la finale au stade. Elle m’invite à venir avec elle mais je ne tenais pas en dépit de son insistance. C’est elle qui préparait ce samedi, elle est allée au marché et est revenue pour vite faire la cuisine. Tout le monde a mangé, elle a fait les autres petits travaux qui l’attendaient. Maimouna est restée jusqu’à 17 heures pour partir au stade. Notre sœur aînée lui avait demandé de ne pas nous abandonner à la maison, donc de ne pas aller au stade. Maimouna insiste qu’elle ne dure pas. Entre temps mon père est venu, lui non plus ne voulait pas qu’elle aille au stade. Elle a trop plaidé auprès de mon papa pour que celui-ci marque son accord. Elle a promis de revenir vite. C’est à cette condition que mon père a accepté. Je la revois encore dans sa robe, elle a bien ajusté son voile avec des chaussettes aux pieds pour prendre la route à 17 heures. Nous ne pouvions jamais imaginer qu’elle est partie pour toujours (larmes NDLR). Nous avons appris qu’elle était bien arrivée au stade, c’est pendant la débandade qu’elle a tenté de sortir comme tout le monde. Seule la petite porte était ouverte, le portail était fermé, les mouvements de foule ont fait tomber le portail sur certains. Les uns montaient sur les autres. A l’intérieur, tout le monde fuyait les pierres et le gaz. Quand nous ne l’avons pas vue à 19 heures à la maison, quelqu’un a décroché son téléphone et nous a demandé d’aller à l’hôpital.  Là, c’est un tas de corps.  Chaque famille cherche à retrouver le sien. En tant que fille, j’ai marché sur les cadavres pour chercher, de 19H à 23 heures. C’est horrible ce que nous avons vu. Je vois ma sœur au fond, on s’est demandé quoi faire ? nous voyons chacun partir avec son cadavre. Beaucoup ont pris leurs corps pour partir avant qu’ils ne soient enregistrés par le service hospitalier. Nous aussi nous sommes rentrés à la maison avec le corps de ma sœur Maimouna.  Les corps étaient mélangés, en fait personne n’y était pour faire l’ordre, il n’y avait que des stagiaires autour de nous. Aujourd’hui tout N’zérékoré pleure, vous voyez les gens pleurer partout, ce qui traduit que toutes les familles sont endeuillées presque. Ma sœur est partie à jamais, elle était souriante, gentille et très polie », témoigne Kadiatou Diallo, encore en pleurs.

Elhadj Amadou Diallo est le père de feue Maimouna. La tragédie le surprend. En bon musulman, il met le drame et la disparition de sa fille au compte de la volonté divine. Il garde en souvenir la complicité parfaite qu’il entretenait avec sa fille qui a abandonné l’école pour la couture et la mémorisation du coran : deux choses qui tenaient à cœur ma fille.

« Je suis resté à la maison sans rien savoir, c’est l’une de mes filles, revenue du marché à 18 heures, qui m’a informé que les gens fuient le stade, que la ville est dans la panique. J’appelle un ami proche du stade ; il me confirme l’information. Là. je garde patience un moment sans dire à personne, Maimouna n’était pas là. On envoie le repas, mais j’ai dit Maimouna n’est pas rentrée. Tout le monde s’est mis a téléphoné en vain. Finalement quelqu’un répond pour dire de venir à l’hôpital. Finalement c’est à la morgue qu’elle était avec des tas de corps. Nous sommes rentrés tard samedi soir, nous l’avons inhumé dimanche au quartier Gonia. Nous avons mis le décès de notre fille au compte de la volonté de Dieu ; nous avons demandé de faire la même chose.

Ma fille a un peu fait l’école, finalement elle a opté pour la couture et le coran. Des choses qu’elle faisait à ma satisfaction (pleurs, NDLR) » ? explique El Hadj Amadou DIALLO, père de feu Maimouna.

Selon le gouvernement, ce drame a fait au moins 56 morts, mais des ONG estiment à 135 le nombre de décès.

 Alpha Ousmane Bah

Pour africaguinee.com

Tel. (+224) 664 93 45 45

Créé le 6 décembre 2024 09:04

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