Guinée: face à l’érosion culturelle, le Pr Boiro publie un ouvrage sur les Foulacoundas du Badiar
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CONAKRY – L’ouvrage intitulé « Les Foulacoundas du Badiar » a été dédicacé ce jeudi 23 avril 2026, en marge des 72Heures du livre. Signé professeur Ibrahima Boiro, scientifique, enseignant-chercheur et ancien ministre de l’Environnement, ce livre se veut à la fois un témoignage historique et un cri d’alerte.

Coécrit avec le professeur Ibrahima Sory Diallo, il met en lumière cette minorité peule, tout en s’inscrivant dans une démarche de transmission à l’endroit des jeunes générations.
Structuré en 13 chapitres pour un total de 105 pages, le livre propose un contenu accessible et documenté sur les Foulakoundas du Badiar, présentés comme un groupe minoritaire mais central dans la construction de la foulanité.

Prenant la parole, le Pr Ibrahima Boiro a rappelé que les Foulacoundas sont principalement localisés à Koundara, mais également présents en Casamance et en Guinée-Bissau.

« Cette spécificité géographique s’accompagne d’une réalité démographique : nous ne sommes pas nombreux », a-t-il expliqué.
Selon le coauteur, les Foulacoundas portent plusieurs patronymes, dont Boiro, Baldé, Diao, Diamanka ou encore Kandé. Une particularité qui varie selon les pays.
« En Guinée-Bissau, tous ceux qui portent le nom MBalo sont considérés comme des chefs, mais chez nous, ce sont les Boiro qui ont historiquement exercé ce rôle », a-t-il précisé.
Le professeur Boiro a également alerté sur une érosion linguistique préoccupante.
« Les populations du Fouta central exercent une pression culturelle, et notre langue, le foulacounda, est en train de disparaître », a-t-il déploré.
À cette réalité s’ajoutent, selon lui, des difficultés administratives liées à certains patronymes parfois jugés non guinéens.
Revenant sur leurs origines, il rappelle que les Foulakoundas sont des « foulbhès du Badiar », dont les racines remontent à Gabu (actuelle Guinée-Bissau), d’où ils seraient venus au XVIIe siècle.
Face à ce qu’il qualifie de menace culturelle, Pr Ibrahima Boiro insiste sur la nécessité de transmission.
« C’est dans cette optique que j’ai écrit ce livre. Il peut servir de référence aux jeunes générations afin qu’elles s’en inspirent et luttent contre cette érosion culturelle, sans complexe », a-t-il souligné.
Les Foulacoundas seraient des descendants de Koli Tenguella Bah, fondateur en 1512 d’un grand empire peul composé de plusieurs royaumes, rappelle-t-il.
« Aujourd’hui, nous sommes au cœur du monde peul, mais c’est le nombre qui est en train de nous fragiliser. J’espère que les jeunes prendront le relais », a-t-il lancé.
Âgé de 82 ans, l’ancien ministre affirme avoir voulu préserver cette mémoire.

« Il était important pour moi d’écrire ce livre afin que cette histoire ne disparaisse pas », a-t-il confié.
La cérémonie de dédicace, tenue au Lac Gbassikolo, a mobilisé plusieurs personnalités, dont l’ancien Premier ministre Ahmed Tidiane Souaré.

Ancien élève du Pr Boiro, celui-ci n’a pas tari d’éloges à l’endroit de son ancien maître.
« Un élève ne critique pas le livre de son maître. Il le lit et le félicite. Et d’ailleurs, le livre est merveilleux », a-t-il déclaré avec humour.
L’ouvrage « Les Foulakoundas du Badiar » est disponible aux éditions Harmattan Guinée.

Siddy Koundara Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 25 avril 2026 08:05
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