Incendie à l’ancien dépôt d’hydrocarbures : ce que révèlent les détails techniques sur l’incident (Exclusif)
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CONAKRY – Les explications techniques fournies après l’incendie survenu ce samedi 9 mai 2026 sur le site de l’ancien dépôt d’hydrocarbures de Kaloum apportent de premières précisions sur les circonstances du sinistre ainsi que sur les failles de sécurité relevées lors des opérations de démantèlement.
Selon des informations exclusives obtenues par Africaguinee.com, le départ de feu s’est produit aux environs de 12h20 au niveau du Bac n°18, alors que des travaux de découpe au chalumeau étaient en cours.
Selon une source proche du dossier, l’agent impliqué, identifié comme un chalumiste de l’équipe MIK EXHM, procédait à l’ouverture d’une lucarne technique sur le réservoir lorsqu’un embrasement s’est déclenché.
« D’après les constatations techniques consignées dans le procès-verbal, des étincelles issues de la découpe seraient tombées sur le toit affaissé du bac où subsistaient des résidus inflammables d’hydrocarbures », explique notre source.
Le feu se serait ensuite rapidement propagé à l’intérieur du réservoir sous l’effet de la vaporisation des résidus de gasoil présents dans le bac. Notre source précise toutefois que l’incendie est resté confiné au Bac n°18 et n’a atteint aucun autre équipement du dépôt.
Des insuffisances techniques pointées
Les enquêtes réalisées mettent en évidence plusieurs insuffisances dans les mesures préventives mises en œuvre avant les travaux à chaud.
« Une injection d’eau avait notamment été réalisée dans le bac avant le démarrage des opérations afin de limiter les risques d’inflammation. Mais cette mesure s’est révélée insuffisante pour évacuer les résidus inflammables présents au-dessus du toit affaissé du réservoir », nous apprend-on.
Plus encore, la même source évoque une « non-détection de la présence de résidus inflammables » ainsi qu’une « absence probable » de contrôle de l’atmosphère interne avant le début des travaux.
Notre source mentionne explicitement l’absence possible de détection des gaz explosifs (LEL/UEL) avant l’utilisation du chalumeau, une opération considérée à haut risque dans les installations pétrolières.
« Autre point sensible relevé : une non-conformité potentielle aux procédures de permis de feu et aux opérations de dégazage préalables aux travaux à point chaud », a indiqué notre source.
Le dispositif d’alerte activé
Les enquêtes techniques soulignent néanmoins la rapidité de la réponse opérationnelle après le déclenchement du feu.
« Les travaux ont été immédiatement interrompus sur l’ensemble du site tandis que le schéma d’alerte prévu dans le cadre du projet de décontamination a été activé », ajoute notre source.
Selon elle, les équipes présentes sur place, les sapeurs-pompiers ainsi que les responsables du projet ont été mobilisés pour contenir le sinistre.
« Des lances à eau et des moyens d’extinction ont été déployés autour du bac sinistré pendant que les zones jugées à risque étaient évacuées », précise-t-elle.
Selon la même source, aucune perte en vie humaine ni aucun blessé n’ont été enregistrés. Les dégâts matériels seraient limités au Bac n°18, déjà en cours de démantèlement.
Suspension des travaux et audit annoncé
À la suite de l’incident, il a été décidé, selon nos informations, de suspendre immédiatement l’ensemble des travaux à point chaud sur le site.
« Un audit des procédures de permis de feu et de dégazage appliquées par l’entreprise chargée des travaux est également prévu. Des vérifications systématiques de l’atmosphère interne des réservoirs avant toute découpe devront désormais être imposées », nous apprend-on.
Par ailleurs, ajoute notre source, il a été recommandé un renforcement du dispositif de détection de gaz ainsi qu’une formation complémentaire des chalumistes et opérateurs exposés aux risques d’inflammation liés aux résidus d’hydrocarbures
Africaguinee.com
Créé le 9 mai 2026 19:32









