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Ebola en RDC et en Ouganda : que sait-on du variant Bundibugyo à l’origine de la nouvelle épidémie ? – Africa Guinee

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Ebola en RDC et en Ouganda : que sait-on du variant Bundibugyo à l’origine de la nouvelle épidémie ?

Ebola en Guinée, image d'illustration

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L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclenché, ce dimanche 17 mai, son deuxième niveau d’alerte internationale le plus élevé face à une épidémie d’Ebola qui frappe de plein fouet la République démocratique du Congo (RDC) et l’Ouganda. Ce nouveau variant serait hautement létal et sans vaccin à ce jour.

La République démocratique du Congo est touchée par une nouvelle épidémie d’Ebola. L’Ouganda a également déclaré l’état d’épidémie après un premier décès enregistré sur son territoire. Selon un communiqué publié sur X par l’Organisation mondiale de la santé ce dimanche 17 mai, son directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus a statué que le virus « constitue une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI), mais ne répond pas aux critères d’une urgence pandémique ». L’USPPI est, depuis 2024, le deuxième niveau d’alerte le plus élevé de l’OMS, derrière celui d' »urgence due à une pandémie ».

Ebola, qui provoque une fièvre hémorragique extrêmement contagieuse, reste redoutable malgré de récents vaccins et traitements, efficaces uniquement contre la souche Zaïre à l’origine des plus grandes épidémies recensées. La province d’Ituri, dans le nord-est de la RDC, est frappée par le variant Bundibugyo d’Ebola, contre lequel il n’existe aucun vaccin. Au 16 mai, l’OMS a confirmé huit cas en laboratoire et enregistré 246 cas suspects, dont certains dans le Nord-Kivu, et 80 décès suspects dans la province d’Ituri, ainsi qu’un autre cas confirmé à Kinshasa, et un décès à Kampala, en Ouganda, parmi des voyageurs récemment revenus d’Ituri.

« Au moins quatre décès parmi le personnel de santé, dans un contexte clinique évocateur d’une fièvre hémorragique virale, ont été signalés dans la zone touchée, ce qui soulève des inquiétudes concernant la transmission nosocomiale, les lacunes dans les mesures de prévention et de contrôle des infections, ainsi que le risque de propagation au sein des établissements de santé », détaille l’OMS dans son communiqué. Elle indique également que « de grandes inquiétudes subsistent quant au nombre réel de personnes infectées et à l’étendue géographique de cet événement ». Pour l’organisation, « l’insécurité persistante, la crise humanitaire, la forte mobilité de la population, le caractère urbain ou semi-urbain du foyer actuel et le vaste réseau établissement de santé informels aggravent encore le risque de propagation ».

L’Agence sanitaire de l’Union africaine, l’Africa CDC, a enregistré pour sa part 88 décès vraisemblablement dus au virus sur 336 cas suspects, selon les derniers chiffres publiés samedi. Le foyer de l’épidémie se trouvant dans une zone difficilement accessible, peu d’échantillons ont été testés en laboratoire et les bilans s’appuient majoritairement sur des cas de suspicion. L’Ituri, région aurifère frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud, connaît d’intenses mouvements de population liés à l’activité minière. L’accès à certaines zones, en proie à des violences armées, est difficile pour des raisons de sécurité.

« Des mesures de santé publique »

Le virus a fait plus de 15.000 morts en Afrique au cours des 50 dernières années. Lors des flambées épidémiques précédentes, le taux de mortalité a fluctué entre 25% et 90%, selon l’OMS. « La souche Bundibugyo n’a pas de vaccin et n’a pas de traitement spécifique », a souligné samedi le ministre de la Santé congolais, Samuel-Roger Kamba, ajoutant qu' »avec cette souche, le taux de létalité est très important, on peut aller jusqu’à 50% ».

« Cette souche (Bundibugyo) est récente mais pas nouvelle. C’est le nom d’un quartier en Ouganda où l’épidémie a été découverte pour la première fois », explique sur TV5MONDE Jean Kaseya, épidémiologiste et directeur général d’Africa CDC. Ce variant a provoqué deux épidémies dans le monde à ce jour, en Ouganda en 2007 (42 décès sur 131 cas confirmés) et en RDC en 2012 (13 décès sur 38 cas confirmés). « Contrairement à la souche Zaïre, nous ne disposons pas de vaccin ni de médicament, ce qui veut dire que nous comptons essentiellement sur les mesures de santé publique » telles que le respect des gestes barrières et la limitation des déplacements, résumé Jean Kaseya. D’autant que ce variant, avec « déjà 88 décès, à une létalité élevée qu’on ne pouvait pas supposer pour Bundibugyo ».

Une réunion a été organisée par l’Africa CDC avec ses différents partenaires, « l’OMS, l’Unicef, les industries pharmaceutiques, les donateurs, les humanitaires ou encore les Nations unies, liste Jean Kaseya. Nous avons quelques candidats vaccins et médicaments qui vont nécessité des études. » Des contacts ont également lieu entre les différents ministres de la Santé des pays touchés, mais aussi du Soudan du Sud, situé très proche de la région de l’Ituri.

17e épidémie en RDC

En attendant la découverte d’un vaccin ou d’un médicament, afin de minimiser le risque de propagation, l’OMS a listé plusieurs recommandations pour les pays concernés dont le fait que « les cas confirmés doivent immédiatement être isolés et traités dans un centre de traitement de la maladie à virus de Bundibugyo, sans aucun déplacement national ou international jusqu’à ce que deux tests diagnostiques spécifiques au virus de Bundibugyo, effectués à au moins 48 heures d’intervalle, soient négatifs. Les contacts (à l’exclusion des professionnels de santé et du personnel de laboratoire correctement protégés qui n’ont pas été exposés sans protection) doivent faire l’objet d’une surveillance quotidienne, avec des déplacements nationaux restreints et aucune sortie à l’étranger jusqu’à 21 jours après l’exposition ». Il est également conseillé de « mettre en place un dépistage à la sortie pour toutes les personnes aux aéroports internationaux, aux ports maritimes et aux principaux postes-frontières terrestres, afin de détecter toute affection fébrile inexpliquée pouvant correspondre à une infection par le virus Bundibugyo ».

Selon les autorités sanitaires, le premier cas suspect est un infirmier, qui s’est présenté le 24 avril dans une structure médicale de Bunia, capitale de l’Ituri, avec des symptômes d’infection à Ebola. La RDC avait connu une épidémie d’Ebola entre août et décembre 2025, avec au moins 34 morts. L’épidémie la plus meurtrière y avait fait près de 2.300 morts pour 3.500 malades, entre 2018 et 2020.

Au total, cette épidémie est la 17e en RDC depuis que la maladie a été identifiée en 1976 au Zaïre, ancien nom du pays. D’autres pays du continent ont été touchés ces dernières années par le virus, notamment la Guinée et la Sierra Leone. La transmission humaine du virus se fait par les fluides corporels ou par exposition au sang d’une personne infectée, vivante ou décédée. Selon l’Institut Pasteur, les personnes infectées ne deviennent contagieuses qu’après l’apparition des symptômes, la période d’incubation pouvant aller jusqu’à 21 jours. La maladie débute par des symptômes qui ressemblent à la grippe, puis ces premiers symptômes sont suivis de vomissements, de diarrhées, d’éruptions cutanées, d’une atteinte des reins et du foie et, dans certains cas, d’hémorragies internes et externes.

AFP

Créé le 17 mai 2026 07:03

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