Assainissement à Conakry : Le ministre Aboubacar Camara déclare la guerre à l’insalubrité
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CONAKRY – Le ministre de l’Hydraulique, des Hydrocarbures et de l’Assainissement, Aboubacar Camara, a lancé ce mardi 12 mai une vaste opération de curage et de désobstruction des caniveaux dans le Grand Conakry. Depuis Matam-Kénien, il a appelé les citoyens, les médias et les acteurs communautaires à une mobilisation collective contre l’insalubrité, qu’il considère comme un problème avant tout lié aux comportements.
« Ce soir, il ne s’agit pas simplement du lancement d’une activité de curage de caniveaux. Depuis pratiquement trois semaines, le gouvernement et l’ensemble des acteurs sont déjà à pied d’œuvre. Dans des conditions normales, nous étions censés commencer en ville. Mais si aujourd’hui nous sommes arrivés jusqu’au Kénien, c’est parce que des efforts ont déjà été fournis entre le centre-ville et cette zone », a expliqué le ministre.

Selon Aboubacar Camara, la question de l’assainissement et de la salubrité passe avant tout par un changement de comportement des citoyens. Il a ainsi appelé les médias à accompagner les autorités dans la lutte contre l’insalubrité.
« Ce qui se passe aujourd’hui dans notre pays en matière d’insalubrité ne date pas d’hier. Ce sont des comportements adoptés et banalisés pendant de nombreuses années. Il y a certes l’aspect technique, économique et financier, mais il y a surtout une question de civisme.

Dans nos quartiers, les chefs de quartier, les leaders d’opinion, les personnes âgées capables de sensibiliser les populations, y compris les hommes de Dieu, ont souvent tourné le dos à cette question. Nous n’allons pas multiplier les discours : nous avons du travail », a-t-il ajouté.
Le ministre estime qu’il est encore trop tôt pour dresser un bilan de son action. Selon lui, le moment viendra pour présenter les résultats obtenus par son département.

« Aujourd’hui, nous sommes de passage, mais l’objectif est de permettre à nos enfants et à nos familles de vivre dans des conditions salubres et dignes. L’assainissement est le miroir diplomatique d’un pays. Lorsqu’un étranger quitte l’aéroport pour rejoindre son hôtel, la première chose qu’il observe, c’est l’état de propreté de notre environnement. Et c’est à partir de cela qu’il nous juge. Nous devons donc nous donner la main », a-t-il lancé.
Reconnaissant la difficulté du combat, Aboubacar Camara reste convaincu que des résultats tangibles peuvent être obtenus grâce aux efforts engagés.
« Lorsque l’enfant pleure sous la pluie, on ne voit pas ses larmes. Les citoyens doivent refuser catégoriquement de jeter les ordures partout. En réalité, ce n’est pas à quelqu’un d’autre que nous faisons du mal, mais à nous-mêmes », a-t-il déclaré.

Le ministre a rappelé que les Guinéens n’ont qu’un seul pays : la Guinée. À ce titre, chacun doit contribuer à sa préservation.
« Quand le pays va bien, c’est dans l’intérêt de tous les Guinéens. Et quand il va mal, nous en subissons tous les conséquences. Nous lançons donc un appel à l’ensemble des populations, aux acteurs communautaires, aux chefs de quartier et aux médias afin qu’ils nous accompagnent dans cette lutte », a-t-il insisté.
Pour le chef du département de l’Assainissement, les critiques sont légitimes, mais elles doivent s’accompagner d’une prise de conscience collective.
« Ce ne sont pas des diables qui viennent déposer les ordures dans les caniveaux, ce sont des citoyens. Le problème n’est pas uniquement technique ou financier. Toutes les politiques d’assainissement existent déjà et l’État fait ce qu’il peut. Mais si nous ne changeons pas nos comportements au quotidien, nous courons à notre perte », a-t-il averti.
Lancée sur l’autoroute Fidel Castro ainsi que sur la route Le Prince, l’opération va s’étendre jusqu’à Coyah et Dubréka. Par la suite, les mêmes actions seront menées dans les différentes capitales régionales du pays. Les gouverneurs seront également chargés d’instruire les préfets afin d’organiser des journées d’assainissement chaque week-end dans les préfectures.
« Tant que nous n’aurons pas obtenu des résultats satisfaisants, nous continuerons à mobiliser les populations pour sortir de cette situation qui a trop duré. Cela demande du temps, de la patience et beaucoup de pédagogie », a affirmé le ministre.
Aboubacar Camara estime également que la sensibilisation demeure indispensable face à ce qu’il qualifie d’« incivisme chronique » installé depuis plusieurs décennies.
« Avec l’aide de Dieu et l’implication de toutes les corporations et de tous les acteurs engagés dans la sensibilisation, nous allons y arriver », espère-t-il.
Abordant la question des PME impliquées dans la chaîne de l’assainissement, le ministre a reconnu que plusieurs structures manquent encore de professionnalisme.
Toutefois, il affirme que des efforts sont en cours pour améliorer le secteur.
« Quand on fait l’état des lieux, on se rend compte que ce métier est encore perçu comme dévalorisant par beaucoup de Guinéens. Pourtant, la plupart des jeunes qui travaillent aujourd’hui dans la collecte des déchets sont des étrangers. Nos propres jeunes hésitent à s’engager dans ce secteur à cause du regard de la société. C’est cette mentalité que nous voulons changer. L’assainissement est un métier porteur d’emplois et de revenus stables », a-t-il expliqué.
Le ministre a également évoqué la future brigade de salubrité publique, annoncée par le chef de l’État. Selon lui, 5 000 agents devraient être recrutés afin de renforcer l’assainissement et promouvoir une culture citoyenne.

« Beaucoup de jeunes préfèrent aujourd’hui faire le taxi-moto plutôt que de travailler dans l’assainissement, alors même que les revenus peuvent être plus intéressants dans certains métiers du secteur. Malheureusement, le regard de la société pousse beaucoup d’entre eux à considérer ces activités comme un échec. C’est fondamentalement faux », a-t-il regretté.
Le ministre de l’Assainissement a enfin indiqué vouloir valoriser davantage les acteurs du secteur.
« Nous voulons encourager, célébrer et féliciter ces jeunes qui accomplissent ce travail chaque jour », a conclu Aboubacar Camara.
Yayé Aïcha Barry
Pour Africaguinee.com
Créé le 13 mai 2026 08:00Nous vous proposons aussi
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étiquettes: Assainissement, Conakry









