Administration publique : un atelier pour renforcer le rôle stratégique des juristes de l’État
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CONAKRY – Les conseillers et responsables juridiques des départements ministériels sont réunis à Conakry du 28 au 30 avril dans le cadre d’un atelier de concertation et de formation. Objectif : renforcer leurs capacités et faire de la fonction juridique un levier stratégique de sécurisation de l’action publique, en lien avec la vision Simandou 2040.
Organisé par le Secrétariat général du gouvernement, cet atelier a été officiellement lancé ce mardi. À cette occasion, Mme Lucie Leno, directrice nationale de la gestion des hauts cadres de l’État audit département, a indiqué que durant ces trois jours, les participants vont échanger sur plusieurs thématiques, notamment les missions de l’administration publique, mais aussi les enjeux liés à la transition vers une nouvelle ère numérique.

« Une ère qui n’est plus un secret, mais qui demeure encore peu exploitée dans notre administration. Il s’agit notamment de l’intelligence artificielle », a-t-elle souligné.
Cet atelier repose sur deux ambitions complémentaires : valoriser le capital humain à travers une formation continue et structurer un réseau professionnel fondé sur le partage d’expériences et de bonnes pratiques.

Le Secrétariat général du gouvernement, au regard de ses missions de coordination de l’action gouvernementale, de mise en cohérence des actes, d’appui à la préparation normative et de sécurisation administrative, a la responsabilité de veiller à la conformité des actes de l’État, a rappelé Mme Sérégbé Keita, secrétaire générale adjointe de l’institution.
Selon elle, cette initiative vise à offrir aux différents acteurs un cadre d’échanges, de concertation et de montée en compétences. L’un des axes majeurs de cet atelier, a-t-elle précisé, est de permettre une appropriation concrète et pratique des outils numériques, notamment ceux liés à l’intelligence artificielle, appliqués au traitement, à la documentation et à la sécurisation des dossiers juridiques.
« Plus largement, l’ambition du Secrétariat général du gouvernement est de bâtir, autour du conseil juridique, une doctrine administrative commune, partagée par l’ensemble des services du contentieux. Cette dynamique vise à renforcer la qualité normative, la prévention des litiges et la coordination interministérielle », a-t-elle expliqué.
Plusieurs thématiques seront abordées au cours de ces trois jours. Il s’agit notamment de la mission de l’administration publique, de l’élaboration et de la sécurisation des actes normatifs, de la conformité et de la gestion du contentieux, de l’appropriation des lois, plans et programmations liés à Simandou, ainsi que de la transformation numérique, avec un accent particulier sur l’intelligence artificielle appliquée au domaine juridique.

Ces différents axes structureront les échanges et alimenteront les réflexions collectives des participants. D’après Mme Keita, ces thématiques ont été retenues pour répondre aux défis concrets auxquels sont confrontés les responsables juridiques dans l’exercice de leurs fonctions.
Le thème retenu pour cet atelier est à la fois technique, stratégique et profondément républicain, selon le Secrétaire général du gouvernement. Il a rappelé que la pertinence du conseil juridique repose sur l’anticipation, la responsabilité, mais surtout sur la formation.
S’appuyant sur le discours d’investiture du chef de l’État, le général Mamadi Doumbouya, il a souligné que l’investissement dans l’éducation et la formation constitue une priorité gouvernementale. Une orientation, a-t-il ajouté, traduite en feuille de route pour l’ensemble des membres du gouvernement sous l’impulsion du Premier ministre, Amadou Oury Bah.

« C’est un leitmotiv qui guide nos actions au quotidien. Je voudrais remercier chacun d’entre vous pour votre présence, notamment les conseillers, directeurs et responsables juridiques, ainsi que ceux des établissements publics administratifs (EPA) », a déclaré Tamba Benoît Kamano.
Un rôle souvent sous-estimé, mais déterminant
S’adressant aux participants, le ministre Secrétaire général du gouvernement a insisté sur l’importance de leur mission.
« Votre rôle, souvent méconnu voire sous-estimé, est pourtant déterminant pour le bon fonctionnement de notre administration. Vous crédibilisez l’action des décideurs, vous conseillez en amont, vous anticipez, prenez des initiatives et formalisez les décisions », a-t-il affirmé.
Il a rappelé que la Guinée, sous le leadership du président Mamadi Doumbouya, est engagée dans une phase de transformation majeure à travers la vision de développement Simandou 2040.
Selon lui, cette ambition ne pourra produire des résultats que si l’État dispose d’une administration juridiquement solide, techniquement fiable et institutionnellement coordonnée.

Dans cette dynamique, Tamba Benoît Kamano a mis en garde contre les conséquences des insuffisances juridiques : « Une décision mal préparée, un texte fragile, une procédure incomplète ou encore une contradiction normative peuvent retarder les réformes, exposer l’État à des contentieux, créer de l’incertitude pour les investisseurs et, au final, fragiliser l’action publique. »
Poursuivant, il a insisté sur la nécessité de considérer le droit comme un véritable levier structurant de l’action publique.
« Le droit doit être envisagé comme une infrastructure essentielle, une discipline rigoureuse où chaque décision, chaque mot et chaque rédaction tiennent compte des réalités socio-économiques du pays. Les mécanismes d’élaboration des textes doivent être transparents et s’inscrire dans un cadre apaisé et normé », a-t-il expliqué.
Le ministre a également rappelé les efforts déjà engagés par le Secrétariat général du gouvernement, notamment l’organisation d’un vaste programme de formation ayant mobilisé plus de 1 000 participants sur plusieurs mois autour de la responsabilité juridique et de la gestion publique.
Selon lui, le Secrétariat général du gouvernement ne se limite pas à une simple structure administrative, mais constitue un espace de cohérence, de méthode et de continuité de l’action de l’État, favorisant le dialogue, la coordination et la valorisation des normes.
Il a enfin invité les participants à inscrire leurs échanges dans une dynamique constructive.
« Nous attendons de ces travaux des discussions franches, utiles et orientées vers des solutions. Il ne s’agit pas simplement de dresser un inventaire des problèmes, mais de les comprendre et de formuler des recommandations pertinentes », a-t-il conclu.
Dansa Camara DC
Pour Africaguinee.com
Créé le 28 avril 2026 16:47Nous vous proposons aussi
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