Semaine Nationale de la Citoyenneté et de la Paix : les écoles et universités de Conakry mobilisées pour « apaiser l’espace civique »
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CONAKRY– Dans le cadre de la sixième édition de la Semaine Nationale de la Citoyenneté et de la Paix, plusieurs établissements scolaires et universitaires de la capitale guinéenne ont accueilli ce mardi 19 mai 2026, des conférences-débats autour du thème : « Apaiser l’espace civique pour une prospérité partagée ». Les activités se sont déroulées notamment aux Lycées Matam, Djibril Tamsir Diagne de Kipé, ainsi qu’à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, sous l’initiative de la Direction Générale de la Citoyenneté et de la Paix (DGCP), en collaboration avec les autorités éducatives. Au cœur des échanges : la promotion du civisme, de la paix, du vivre-ensemble et de la responsabilité citoyenne, particulièrement auprès de la jeunesse scolaire et universitaire.

« L’école est un incubateur de civisme », affirme Amirou Diawara
Présidant les activités au Lycée Matam et au lycée Djibril Tamsir Diagne de Kipé, M. Amirou Diawara, Directeur Général de la Direction Générale de la Citoyenneté et de la Paix, a insisté sur le rôle fondamental de l’école dans la formation du citoyen.
« L’école n’est pas seulement un lieu d’apprentissage académique. C’est aussi un incubateur de civisme et un espace de formation du citoyen », a-t-il déclaré devant élèves, enseignants et encadreurs mobilisés pour l’occasion.
Dans son intervention, le directeur général a rappelé que la promotion du civisme en milieu scolaire constitue l’un des axes majeurs du Programme National d’Éducation à la Citoyenneté (PRONEC 2024-2028). Selon lui, le thème retenu cette année interpelle chaque Guinéen sur la nécessité de privilégier le dialogue, la tolérance et le respect des opinions divergentes.

« Apaiser l’espace civique signifie promouvoir le dialogue, la tolérance, le respect des opinions divergentes et le rejet de toutes formes de violence, de haine et d’intolérance », a-t-il expliqué.
Poursuivant, M. Diawara a insisté sur la responsabilité des jeunes dans la consolidation de l’unité nationale et de la cohésion sociale. « Aujourd’hui plus que jamais, notre pays a besoin d’une jeunesse consciente, responsable et engagée pour la paix. Vous représentez l’avenir de notre nation », a-t-il lancé aux élèves.
Pour le patron de la citoyenneté et de la paix, ces conférences-débats visent à créer un cadre d’échanges permettant aux jeunes de mieux comprendre les enjeux liés au civisme, à la paix et au vivre-ensemble. « La prospérité ne peut être partagée que dans un climat de paix, de confiance et de respect mutuel », a-t-il souligné avant de déclarer officiellement lancée la journée de sensibilisation au Lycée Matam.

« La paix est un comportement », rappelle la DCE de Matam
Présente à cette cérémonie, Mme Camara Mariam Condé, Directrice communale de l’éducation de Matam par intérim, a salué cette initiative des autorités en charge de la citoyenneté. Interrogée sur les messages adressés aux élèves, elle a invité les participants à devenir des relais de sensibilisation auprès de leurs camarades. « Ce n’est pas tous les élèves de Matam qui sont réunis ici. Ceux qui ont participé doivent servir d’ambassadeurs auprès des autres élèves de la commune », a-t-elle déclaré.

Pour elle, la paix ne doit pas être perçue comme un simple slogan. « La paix n’est pas un mot, mais un comportement », a-t-elle insisté. S’adressant à l’ensemble de la population guinéenne, la responsable éducative a appelé à l’unité nationale. « Nous sommes unis et indivisibles. Le peuple de Guinée doit privilégier la paix partout où il se trouve. C’est cela qui peut favoriser le développement durable de notre pays », a-t-elle ajouté.

« L’avenir appartient aux élèves », selon le proviseur du lycée Djibril Tamsir Diagne de Kipé
Au lycée Djibril Tamsir Diagne de Kipé, le proviseur Drame Lansana a également salué la tenue de cette conférence qu’il considère comme un outil essentiel dans la formation des futurs citoyens. « C’est une très bonne chose parce que cela aide les élèves à s’approprier certaines valeurs de la citoyenneté », a-t-il indiqué.
Selon lui, l’école joue un rôle déterminant dans le façonnement de la personnalité de l’enfant. « C’est à l’école que l’élève est façonné, moulé. Former un citoyen engagé capable de vivre avec les autres est extrêmement important », a expliqué le responsable scolaire.

Le proviseur a aussi encouragé les jeunes à faire preuve d’audace et de responsabilité afin de préparer l’avenir du pays. « L’avenir appartient à la jeunesse. Les élèves doivent dès maintenant prendre le train en marche afin d’assumer demain les responsabilités qui leur reviendront de droit », a-t-il conseillé.

Poursuivant, M. Drame Lansana a par ailleurs plaidé pour une multiplication de ces initiatives afin que davantage d’élèves puissent bénéficier des messages de sensibilisation.
A Sonfonia, les étudiants appelés à devenir des ambassadeurs de paix
A l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, les activités ont été présidées par Dr Khalil Aïssata Keïta, enseignant-chercheur et conseiller juridique du ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation.
S’exprimant devant les étudiants dans l’amphithéâtre Famory, il a transmis les salutations du ministre avant de rappeler l’importance de la paix dans le développement d’une nation. « La paix ne se décrète pas. Elle se construit ensemble », a-t-il déclaré sous les applaudissements des étudiants.

Pour le conférencier, l’université demeure un espace stratégique dans la consolidation de la citoyenneté et du vivre-ensemble. « Les problématiques de paix, de civisme et de citoyenneté sont des problématiques transversales. L’université a donc un rôle majeur à jouer », a-t-il affirmé.
Dr Khalil Aïssata Keïta a particulièrement interpellé les étudiants sur leur responsabilité sociale. « Nous venons tester votre capacité à assumer vos responsabilités et à porter haut le drapeau de la citoyenneté », a-t-il lancé.

Évoquant le potentiel économique de la Guinée, il a estimé qu’aucune prospérité durable ne peut être envisagée sans stabilité sociale. «Nous sommes un pays riche en ressources naturelles, mais leur répartition équitable ne peut être effective que dans un climat de paix », a-t-il soutenu.
Le Club de la Citoyenneté plaide pour le dialogue et la cohésion sociale
Prenant également la parole, Ibrahima Sory Barry, président du Club de la Citoyenneté de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, a rappelé la mission de cette structure universitaire.
« Le Club de la Citoyenneté œuvre pour la promotion des valeurs de civisme, de responsabilité citoyenne, de paix, de dialogue et de cohésion sociale », a-t-il expliqué. Selon lui, le thème choisi cette année répond à une nécessité fondamentale pour toute société moderne : préserver un climat de paix et de dialogue constructif. « Aucune nation ne peut aspirer à une véritable prospérité sans stabilité sociale, sans unité et sans confiance entre ses filles et ses fils », a-t-il déclaré.

Le responsable estudiantin a appelé les étudiants à devenir des acteurs de paix et des modèles de responsabilité citoyenne. « En tant qu’intellectuels de demain, nous devons promouvoir les valeurs de tolérance et de civisme dans nos comportements quotidiens », a-t-il affirmé.
Cette série de conférences-débats s’inscrit dans le cadre des activités nationales de sensibilisation organisées à travers le pays pour promouvoir la culture de paix, la citoyenneté responsable et le vivre-ensemble en Guinée.

Mamadou Yaya Bah
Pour Africaguinee.com
Créé le 20 mai 2026 11:37Nous vous proposons aussi
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