Kindia : élèves, rapatriés et déscolarisés trouvent refuge dans le lavage d’engins
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À Kindia, de nombreux jeunes, parmi lesquels des élèves, des déscolarisés et d’anciens migrants rapatriés, gagnent leur vie dans les centres de lavage de motos et de véhicules. Derrière les jets d’eau et les éponges, se cachent des parcours difficiles, mais aussi une volonté de survivre honnêtement et d’échapper à la délinquance. Reportage.
Dans plusieurs quartiers de la ville que nous avons parcourus, ces espaces sont animés par de jeunes élèves qui, après les cours, viennent chercher de quoi subvenir à leurs besoins. On y retrouve également des enfants déscolarisés ainsi que d’anciens migrants rapatriés, tous réunis autour d’un même objectif : gagner honnêtement leur vie et améliorer leurs conditions d’existence.
Armés de courage, de sacrifice et d’une volonté de vivre dignement, ces jeunes travaillent quotidiennement pour éviter les chemins de la délinquance.

Sous le soleil ardent de cette saison sèche, jets d’eau, éponges et chiffons s’activent sans relâche dans les différents centres de lavage de la ville. Derrière cette activité en pleine expansion se cachent souvent des parcours de vie difficiles, marqués toutefois par une forte détermination à travailler dignement afin de subvenir aux besoins de leurs familles.
Parmi eux figure Mamadou Aguibou Bah, rencontré dans un centre de lavage situé derrière le CFP de Kindia. Ancien migrant rapatrié et père de famille d’une quarantaine d’années, il explique avoir choisi cette activité pour nourrir sa famille après les difficultés vécues à l’étranger.

« J’ai connu beaucoup d’épreuves avant d’être rapatrié. Depuis mon retour, je me bats ici pour gagner honnêtement ma vie. Nous sommes près d’une vingtaine à travailler chaque jour dans ce centre. Le lavage d’une voiture coûte entre 30 000 et 40 000 francs guinéens, tandis que celui d’une moto varie entre 10 000 et 15 000 francs. Les recettes sont ensuite partagées avec le propriétaire du centre », explique-t-il.
Aujourd’hui, il considère cette activité comme une véritable opportunité de réinsertion sociale et lance un appel à la jeunesse guinéenne.

« Les jeunes doivent comprendre que l’aventure n’est pas facile. J’ai traversé plusieurs pays avant d’être rapatrié. Aujourd’hui, grâce à ce travail, je nourris ma famille, je me suis marié et j’élève mes enfants. Il faut se battre dans la vie au lieu de rester sans activité dans les cafés », conseille-t-il.
Après le quartier Manquepas, direction Caravansérail, au cœur de la ville. Ici aussi, plusieurs jeunes passent leurs journées à laver des engins roulants pour gagner de quoi vivre. Beaucoup d’entre eux sont des élèves qui combinent études et travail.
C’est le cas de Fodé Soumah, élève en 7ᵉ année. Après les cours, le jeune garçon troque son uniforme scolaire contre des vêtements de travail afin d’aider sa famille et de financer certaines de ses dépenses personnelles.

« Après l’école, je viens ici pour travailler et subvenir à mes besoins. Au lieu de rester dans la rue ou de faire de mauvaises choses, j’ai préféré travailler honnêtement. Mes recettes journalières varient entre 20 000 et 100 000 francs guinéens », confie-t-il.
Malgré leur détermination, ces jeunes travailleurs sont confrontés à plusieurs difficultés, notamment le manque d’eau, qui ralentit fortement leurs activités en cette période de sécheresse.

« Ces derniers jours, nous travaillons difficilement à cause du manque d’eau. Nous demandons aux autorités de nous aider avec un forage afin que nous puissions exercer normalement », plaide le jeune élève.
Pour Mamadou Oury Diallo, responsable d’un centre de lavage à Caravansérail, ces espaces jouent également un rôle social important en protégeant les enfants et les adolescents contre certaines dérives.

« Beaucoup d’enfants viennent travailler ici pour payer leur déjeuner à l’école ou aider leurs parents. Cela les éloigne aussi de la délinquance et du vol. Ils apprennent à se débrouiller honnêtement », souligne-t-il.
À Kindia, le lavage des engins roulants apparaît ainsi comme un secteur refuge pour de nombreux jeunes en quête d’autonomie financière et d’insertion sociale.

Reportage réalisé par Chérif Kéita, correspondant régional d’Africaguinee.com
Depuis Kindia
Créé le 11 mai 2026 09:30Nous vous proposons aussi
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