Bétail abattu dans un parc à Lainé: les autorités évoquent un acte « volontaire »
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LOLA – Dans la nuit du samedi au dimanche 3 mai 2026, la sous-préfecture de Lainé, relevant de la préfecture de Lola, a été le théâtre d’un acte d’une rare gravité : l’abattage d’au moins 42 têtes de bétail appartenant à un éleveur de la localité.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les bouviers auraient été ligotés avant que les assaillants ne procèdent à la tuerie des animaux, suscitant une vive émotion au sein des communautés pastorales.
Dès le dimanche, une mission conjointe composée du directeur préfectoral de l’élevage et de l’agriculture, d’agents de la gendarmerie ainsi que d’un officier de police judiciaire s’est rendue sur les lieux pour effectuer les premières constatations.
Le constat dressé par les autorités est sans équivoque : les animaux ont été abattus à l’intérieur même d’un parc clôturé, à l’aide d’armes à feu et d’objets contondants.
Une action préméditée ?
Selon Gnépouna Doré, directeur préfectoral de l’agriculture et de l’élevage de Lola, les premières observations écartent la thèse d’un conflit lié à des dégâts champêtres.

« Tous les animaux étaient dans un parc bien aménagé. Aucun champ ni culture n’a été identifié à proximité. Cela montre clairement qu’il ne s’agit pas d’un incident lié à des destructions agricoles, mais d’un acte volontaire », a-t-il déclaré.
Il précise que 42 têtes ont été retrouvées abattues dans un enclos appartenant à un éleveur, ajoutant que des indices matériels, dont des rouleaux de fil barbelé, ont été saisis sur les lieux. Une enquête a été immédiatement ouverte par les services de sécurité afin de situer les responsabilités.
Des tensions locales en toile de fond
Les investigations préliminaires évoquent un possible différend domanial entre des acteurs locaux, qui pourrait être à l’origine de cette escalade de violence.
Les autorités administratives et sécuritaires affirment poursuivre les recherches afin d’identifier les auteurs et leurs motivations exactes.
Le préfet de Lola, en concertation avec les services judiciaires, a donné des instructions fermes pour que toute la lumière soit faite sur cette affaire et que les responsables soient traduits en justice.
La filière bétail-viande dénonce un climat d’insécurité
Du côté des professionnels de l’élevage, l’indignation est totale. Bamba Mamadi, acteur de la filière bétail-viande à Nzérékoré, dénonce une situation « très déplorable » et appelle à une réaction urgente des autorités.
Il pointe notamment du doigt des initiatives locales non encadrées ayant conduit à une mobilisation de jeunes contre un éleveur, en dehors des circuits officiels de gestion des conflits agro-pastoraux.

« On ne peut pas réunir des jeunes pour aller s’en prendre aux animaux de quelqu’un en brousse. Il existe des services compétents pour gérer ces situations », a-t-il martelé.
Tout en appelant les éleveurs au calme et à ne pas se faire justice eux-mêmes, il alerte sur les risques d’escalade si des mesures concrètes ne sont pas prises :
« L’élevage est notre moyen de subsistance. Si ces actes se répètent sans réaction, cela pourrait entraîner des conséquences graves. »
Appel à la justice et à la responsabilité
Les acteurs de la filière interpellent non seulement les autorités préfectorales, mais aussi les services de sécurité et la justice afin que des actions dissuasives soient engagées. Ils dénoncent également certaines interférences extérieures qui compliqueraient la gestion locale des conflits.
Dans un contexte où la cohabitation entre agriculteurs et éleveurs reste fragile dans plusieurs zones rurales de Guinée, cet incident relance le débat sur la nécessité de renforcer les mécanismes de prévention et de gestion des conflits.
À suivre.
Paul Foromo Sakouvogui
Correspondant régional d’Africaguinee.com
En Guinée forestière









