Procès de Badra Koné: Rebondissement spectaculaire à la CRIEF
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CONAKRY- C’est un rebondissement inattendu ! Après de longues querelles de procédures entre la défense, la partie civile et le ministère public, la Chambre de jugement de la CRIEF a décidé de réorienter le dossier de Badra Koné et compagnie en instruction. Un revirement spectaculaire qui intervient alors même que l’ancien président de la délégation spéciale de Matam, principal suspect dans cette affaire, avait commencé à livrer sa part de vérité à la barre.
Poursuivi pour détournement de deniers publics, corruption et enrichissement illicite, Badra Koné a rejeté les charges mises à son encontre.
« Mes affaires me rapportent au minimum 300 millions par an »
Interrogé sur l’origine de ses ressources, l’ancien édile a tenu à rappeler qu’il était un homme d’affaires bien avant ses fonctions publiques. « Je prenais 11 millions par mois en tant que président de la délégation spéciale de Matam. Mais je fais aussi des affaires depuis plusieurs années, notamment la vente des véhicules, et mes affaires me rapportent au minimum 300 millions de francs guinéens par an », a-t-il déclaré pour justifier ses avoirs bancaires.
Sur l’état de son patrimoine, il s’est voulu exhaustif : « Je n’ai pas de maison, mais j’ai 9 parcelles à Maférinyah achetées en 2011 à 3 millions de francs guinéens. J’ai deux comptes bancaires à la BCIC et à UBA. J’ai un reste à devoir d’un million 500 mille francs guinéens et j’ai 120 millions de francs guinéens à UBA ».
La gestion de Matam : « Aucune subvention reçue »
Abordant sa gestion à la tête de la commune, Badra Koné a peint le tableau d’une administration opérant avec des moyens limités, niant avoir eu accès à des fonds massifs. « Durant les 23 mois où j’ai passé à la tête de la délégation spéciale de Matam, la Commune n’a jamais reçu de subventions de la part des autorités. On a reçu que le financement de 4 grands projets », a-t-il martelé.
Il a également apporté des précisions sur l’acquisition de matériel roulant : « On a dépensé 70.000 euros pour l’acquisition des camions pour la commune de Matam. On a signé un contrat avec un Allemand pour prendre un camion à crédit qu’on devrait payer 30 mille euros chaque 3 mois. Jusqu’à présent, le camion est à la commune, il n’a pas fait un kilomètre et on n’a pas fini de payer son prix ».
Le cas B&B BTP SARL : Une vente de parts « immédiate »
L’accusation repose sur un possible conflit d’intérêts avec la société B&B BTP SARL, bénéficiaire de contrats communaux. Là encore, le prévenu a nié toute implication illégale.
« En ce qui concerne la société B&B BTP SARL, j’avais une part de 50% avant ma nomination. Quand nous sommes allés prêter serment, on m’a informé que ces activités ne vont pas avec ma nouvelle fonction et immédiatement, dans les deux semaines qui ont suivi, j’ai revendu ma part », a-t-il expliqué à la Cour. Il a ajouté avec insistance : « Quand la société a eu le contrat, je n’étais plus actionnaire, donc je n’ai pas reçu le pourcentage du marché dans mon compte. Vous pouvez vérifier, à l’époque j’étais à Paris pour trois semaines ».
Si le juge a rejeté la demande de mise en liberté provisoire formulée par la Défense, il a en revanche a décidé d’orienter le dossier en instruction.
Le parquet spécial a désormais la charge de présenter le prévenu devant un juge d’instruction. Lequel devra instruire le dossier et décider d’une mesure de renvoi en jugement ou d’un non-lieu.
Nous y reviendrons !
Oumar Bady Diallo
Pour Africaguinee.com
Créé le 29 avril 2026 16:05Nous vous proposons aussi
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