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Sud de la Guinée : les ponts de lianes, entre survie et espoir dans les villages reculés de Nzérékoré… – Africa Guinee

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Sud de la Guinée : les ponts de lianes, entre survie et espoir dans les villages reculés de Nzérékoré…


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N’ZEREKORE-Dans les profondeurs de la Guinée forestière, les ponts de lianes demeurent des infrastructures essentielles pour des milliers de villageois.

À plus de 50 kilomètres de Nzérékoré, dans le district de Konipara (sous-préfecture de Kobéla), et à plus de 60 kilomètres dans le district de Lohondia (sous-préfecture de Bowé, préfecture de Yomou), ces ouvrages traditionnels constituent souvent l’unique passage entre les villages et leurs domaines champêtres.

À Lohondia; le fleuve Oulé, frontière naturelle et obstacle permanent

Après une visite de terrain effectué par notre correspondant régional dans ces localités, les réalités observées témoignent d’un quotidien marqué par le courage, mais aussi par de profondes difficultés.

Ce samedi 28 février 2026, à Lohondia, quelques jeunes étaient mobilisés au bord du fleuve Oulé. Leur objectif : aménager un accès aux pirogues afin de faciliter l’embarquement des motos pour traverser vers l’autre rive, là où se trouvent les champs.

« Le pont représente le passage de la communauté qui quitte le village pour aller chercher de la nourriture derrière le fleuve. Nous y cultivons le riz, le cacao, le café, les palmiers. Sans ce pont de liane, nous n’avons pas accès à nos cultures », explique Alexis Kpoghomou, président du district.

Selon lui,  les citoyens ont contribué à hauteur de plus de 40 millions de francs guinéens pour aménager un accès praticable jusqu’au pont et organiser la traversée en pirogue. Mais en saison hivernale, la situation devient critique : La montée des eaux rend la traversée en pirogue extrêmement risquée, notamment pour les motos et les charges lourdes. Le pont de liane devient alors l’unique alternative. Pourtant le fleuve sépare Lonhondia de Ouéta, un passage stratégique pour rallier rapidement Nzérékoré.

« Mais pendant la saison hivernale, c’est risqué de faire traverser des motos dans la pirogue. Même des bagages lourds. En ce moment, il faut forcement se servir du pont de liane en ce moment. Ce fleuve nous sépare de Lohondia à Ouéta. Ceux qui sont vers Bowé là passent par ce raccourcit pour aller à Ouéta dans le but de vite rallier Nzérékoré. C’est le plus court chemin », soutien-t-il avant de poursuivre :

« On nous a promis la construction d’un pont définitif. Des émissaires sont venus nous transmettre le message. Mais jusqu’à présent, nous n’avons rien vu », regrette-t-il.

À Konipara, des semaines sans accès aux champs

Même réalité à Konipara. Pour Jonas Kpoghomou, citoyen du district, le pont de liane est bien plus qu’un simple ouvrage artisanal : c’est une question de survie. « Nous n’avons pas d’espace cultivable près du village. Nous sommes obligés de traverser le fleuve pour travailler nos champs », raconte-t-il.

Riz, manioc, cacao, plantations de palmiers : toutes les activités agricoles se trouvent de l’autre côté du fleuve. Mais les difficultés sont nombreuses.

Pendant la saison des pluies, l’eau monte jusqu’à atteindre le pont et le faire flotter. Dans ce contexte, les habitants sont contraints de le réparer régulièrement. Parfois, deux semaines, voire un mois entier, s’écoulent sans possibilité de traverser. Conséquence, les récoltes mûrissent sans être cueillies, entraînant d’importantes pertes.

« Il arrive que le riz soit en maturité et que personne ne puisse traverser pour récolter. Cela se gâte et provoque beaucoup de pertes pour les agriculteurs », confie ce villageois.

Autre difficulté, la durée de vie très courte des lianes.

« Après deux mois, il faut déjà chercher de nouvelles lianes. Et aujourd’hui, c’est très difficile d’en trouver. Nous sommes parfois obligés d’aller jusqu’à Macenta », indique Jonas Kpoghomou.

 

Un isolement qui freine le développement

L’absence d’un pont moderne ne limite pas seulement l’accès aux champs. Elle entrave également les échanges commerciaux entre villages, l’accès rapide aux soins de santé, la circulation entre Lonhondia, Konipara, Ouéta, Koulé Daïkolè et Bi. Ces localités, pourtant proches géographiquement de Nzérékoré, restent enclavées faute d’infrastructures durables.

Un appel pressant aux autorités

Le message des populations est unanime : elles demandent la construction d’un pont moderne et définitif sur le fleuve Oulé. Pour ces communautés rurales, un tel ouvrage représenterait plusieurs avantages. Parmi eux, la sécurisation des activités agricoles, la réduction des pertes économiques, le désenclavement effectif de plusieurs villages, une meilleure intégration au tissu économique régional.

En attendant, les ponts de lianes continuent de jouer leur rôle, suspendus au-dessus des eaux, symboles de résilience et d’ingéniosité communautaire. Mais pour les habitants de Lonhondia et Konipara, le temps des solutions traditionnelles semble avoir atteint ses limites.

De retour de Lohondia et Konipara,

Paul Foromo SAKOUVOGUI

Correspondant Régional d’Africaguinee.com

En Guinée Forestière.

Tél. (00224) 628 80 17 43

Créé le 5 mars 2026 09:45

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